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Deuxième tour des présidentielles maliennes dans un climat tendu

(envoyé spécial de Sahara Média à Bamako: Bah Ahmedi Beddi)

Le Mali vit dans l’attente du deuxième tour des élections présidentielles, prévu dimanche, qui doivent déterminer celui qui dirigera ce pays, déchiré par la guerre depuis 6 ans, pendant les prochaines années.

Le choix se fera entre deux candidats, le président sortant, Ibrahim Boubacar Keita candidat à sa propre succession, et le candidat de l’opposition Soumaila Cissé, qualifié pour la troisième fois pour un deuxième tour de l’élection présidentielle dans son pays.

Ce deuxième tour est une copie renouvelée de la dernière présidentielle en 2013 au terme de laquelle Ibrahim Boubacar Keita était arrivé largement en tête avec plus de 70% des voix exprimées.

Les observateurs estiment que le président sortant est le mieux placé pour succéder à lui-même pour avoir été largement en tête lors du premier tour.

Seulement le candidat de l’opposition, loin de jeter l’éponge, avait martelé, à plusieurs reprises ces derniers jours, qu’il n’était pas inquiet pour son score obtenu au premier tour et qu’il était capable de renverser la vapeur lors du dernier round.

Pour lui, l’important écart lors du premier tour est la conséquence d’une fraude à grande échelle, qu’il n’exclu pas lors de ce deuxième tour, mettant en garde les maliens contre la réélection du président Ibrahim Boubacar Keita qui pourrait entraîner le pays vers l’instabilité.

Le message que ventilait le candidat Cissé, lors de sa campagne électorale, se limitait à ces quelques mots : « tout sauf Keita ».

Une mise en garde qui ne semble pas avoir été suivie malgré l’unanimité faite par l’ensemble des candidats, excepté IBK, avant le premier tour.

Les deux candidats arrivés en troisième et quatrième position, l’homme d’affaires Aliou Diallo et le physicien Cheikh Modibo Diarra, se sont abstenus de donner des consignes de vote à leurs soutiens, leur laissant le libre choix dimanche.

Le président sortant continue lui de diriger le pays en sa qualité de chef d’état et est apparu vendredi recevant les observateurs internationaux qui se sont déclarés satisfaits du climat dans lequel se sont déroulées les élections maliennes.

Malgré les calculs compliqués de ces élections, le pari sécuritaire reste très présent et s’impose de lui-même, bien que les autorités maliennes rassurent quant à leur capacité de sécuriser le scrutin, grâce à la présence de 4500 soldats français, 15.000 soldats de la force onusienne et 5000 soldats des pays du Sahel.

Les autorités maliennes ont annoncé avoir mobilisé 36.000 soldats pour sécuriser les bureaux de vote afin d’éviter ce qui s’était passé lors du premier tour où il a été impossible de voter dans 716 bureaux pour les 240.000 inscrits.

Le centre et le nord du pays ont été les plus affectés par les violences particulièrement les villes de Mopti et Tombouctou.

Malgré les importants défis, l’espoir est cependant porté sur ces élections pour redonner espoir au pays et à la région du Sahel, mais aussi à impulser l’accord de paix signé entre les différents belligérants à Alger, d’autant que la situation économique du Mali est alarmante.

 

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