Maghreb Arabe

Le Roi du Maroc met le gouvernement les parlementaires devant leurs responsabilités

A peine le Premier ministre marocain, l’islamiste Saad-Eddine El Othmani, a-t-il présenté mercredi dernier son gouvernement, resserré de 39 à 24 portefeuilles, (premier acte d’une nouvelle phase lancée par le monarque Mohammed VI pour renforcer ce qui marche et corriger ce qui ne marche pas  dans le pays), que voilà le Souverain prononçant, à l’occasion de l’ouverture de la première session de la 4ème année législative de la 10ème législature, un discours de fermeté et de mise en garde devant les membres des deux Chambres du Parlement pour leur rappeler que le Parlement est désormais tenu d’assumer pleinement ses missions de production législative, d’évaluation et de contrôle de l’action du gouvernement dans sa gestion des affaires publiques.

«Aucune dérobade n’est possible dans le cadre d’une stricte application du principe de reddition des comptes», avertira-t-il dans un souci de mettre les parlementaires devant leurs responsabilités mais aussi pour les inciter à davantage d’efforts et d’engagement pour le renouvellement du modèle de développement marocain.

Ce discours du Roi s’est articulé autour de 4 axes majeurs, à savoir la réitération de l’élan de mobilisation et de responsabilité imprimé par le Roi en appelant les parlementaires, et à travers eux l’ensemble de la classe politique, à aborder cette année législative dans la perspective de l’étape nouvelle dont les contours ont été esquissés lors du dernier discours du Trône : une mobilisation vigilante, une confiance renforcée, une implication de toutes les forces et les compétences, et surtout, de dépasser les querelles futiles susceptibles de faire perdre du temps et de l’énergie, et de détourner l’attention des priorités, avec une mention spéciale pour la période électorale.

Le second axe majeur de ce discours royal est l’obligation d’accomplir une année législative propice à l’action et à l’efficacité, durant laquelle tous les responsables seront tenus à la reddition des comptes et à la responsabilisation.

En effet, le Souverain précisera : « Du fait qu’elle intervient au milieu du mandat parlementaire en cours, cette année législative doit être marquée du sceau de la responsabilité et du sérieux. Elle a, par ailleurs, la particularité d’être éloignée du temps des élections, généralement ponctué de tensions. Il vous appartient, donc, de saisir cette conjoncture favorable pour vous acquitter au mieux de la mission dont les citoyens vous ont investis. Votre devoir est aussi d’agir dans un esprit d’émulation constructive afin de servir leurs intérêts, défendre les Causes nationales. »

Le troisième axe majeur quant à lui a porté sur l’urgence de résultats et d’impact pour le citoyen, et le caractère inévitable de la responsabilité et de la reddition des comptes.

En effet, en rappelant que les défis prioritaires de la nouvelle étape sont «l’opérationnalisation des réformes, le suivi des décisions, la réalisation des projets », Sa Majesté a souligné la nécessité impérieuse d’implication unanime, fondée sur une confiance redoublée, une volonté ferme d’œuvrer dans un esprit de collaboration et d’unité, une mobilisation vigilante ; elle doit aussi se caractériser par le souci de transcender les vaines querelles et d’enrayer toute perte de temps et d’énergie.

Et d’ajouter : « Ils relèvent au premier chef des appareils exécutif et législatif. Ils sont également du ressort du secteur privé, en particulier sur le plan du financement. Mention doit aussi être faite du rôle clé des organisations sérieuses de la société civile. »

Le Roi Mohammed VI n’y va pas de main morte : « De fait, il incombe au gouvernement de mettre au point des plans rigoureux sur la base desquels les décisions et les projets, de portée nationale, régionale ou locale, pourront être soigneusement conçus, minutieusement réalisés et suivis sur le long terme. Le gouvernement doit désormais être capable d’induire des impacts concerts dans la vie des citoyens et en termes de dynamisme économique et productif. »

Le quatrième axe majeur sera consacré au secteur bancaire qui sera appelé à un engagement plus ferme, une implication positive plus rigoureuse dans la dynamique de développement que connaît le pays, car le Maroc dispose d’un secteur bancaire solide, connu pour son dynamisme et son professionnalisme, dont le contrôle et la régulation relèvent d’institutions indépendantes et aux très hauts standards. Ce qui a permis à ce secteur de soutenir la résilience et le développement de l’économie nationale, et aux banques marocaines de se renforcer à l’international, notamment en Afrique.

Le souverain a appelé ainsi à faire évoluer certaines mentalités dans le secteur bancaire. Et comme initiative immédiate, le Roi a invité le gouvernement et Bank Al-Maghrib à travailler avec le groupement professionnel des banques du Maroc pour la mise au point d’un programme spécial d’appui aux jeunes diplômés et de financement des projets d’auto-emploi.

Et de conclure son discours royal: « De cette tribune, J’invite l’institution législative que vous représentez, l’appareil exécutif, ainsi que le secteur privé, plus particulièrement le secteur bancaire, à s’associer à l’effort de développement national, à contribuer à la réussite de l’étape nouvelle dans laquelle nous nous engageons. »

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