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Mauritanie : l’opposition accuse le pouvoir de vouloir prendre en otage les élections

L’alliance électorale de l’opposition démocratique en Mauritanie a accusé le pouvoir en place d’entreprendre ce qu’elle a appelé « un hold-up » du processus électoral afin de d’imposer sa copie, allusion au candidat Mohamed O. Ghazouani, qui s’est présenté comme candidat indépendant, alors qu’il est appuyé par le président dont le mandat s’achève, Mohamed O. Abdel Aziz et par l’union pour la république au pouvoir.

L’alliance ajoute que le pouvoir a dévoilé ses véritables intentions et sa volonté consacrée de kidnapper l’opération électorale et de la maîtriser, en voulant intervenir dans le choix des représentants de l’opposition, allusion à la présence du journaliste Ahmedou O. El Wedia dans la liste de l’opposition proposée pour la CENI.

Cette position a été exprimée dans un communiqué de presse évoquant les préparations des élections présidentielles prévues fin juin prochain et pour lesquelles l’opposition présente des candidats et posé un certain nombre de conditions pour garantir la transparence des élections.

L’alliance qui regroupe des partis politiques et des organisations des droits de l’homme a réaffirmé qu’elle avait déjà appelé à la concertation à propos des garanties pour l’organisation d’élections présidentielles qui « rompt avec la période de la tyrannie, la corruption, l’injustice et l’exclusion ».

Ella a rappelé qu’elle a adressé six correspondances aux institutions chargées d’organiser les élections dans lesquelles elle avait déterminé les mesures nécessaires pour « garantir un minimum de liberté, de transparence et de régularité lors de ces élections ».

Parmi ces proposition la suspension des nominations à des postes de responsabilité dans l’appareil de l’état pour des raisons électorales qui profitent à un seul camp politique, séparer les marchés publics et les différents agréments et services publics de la politique et de ne pas lier leur octroi aux bénéficiaires à la fidélité politique.

La coalition avait par ailleurs proposé une recomposition consensuelle de la commission électorale nationale indépendante entre l’opposition et la majorité et le respect des dispositions juridiques qui empêchent la nomination de proches des candidats au sein de cette commission.

Elle a par ailleurs ajouté qu’elle avait demandé la révision de la liste électorale pour une durée qui ne peut être en deçà de deux mois, recenser les citoyens se trouvant à l’étranger.

Pour la coalition ces exigences ne peuvent plus être satisfaites, à un mois seulement du scrutin.

Les conditions formulées par l’opposition prévoyaient aussi l’activation de la loi relative à l’incompatibilité et sa modification afin que les personnes concernées ne puissent pas participer à la campagne électorale sur toute l’étendue du territoire national, la présence d’observateurs étrangers aux élections, et l’ouverture des médias publics à tous les acteurs.

La coalition estime que malgré la maturité exprimée à l’endroit des propositions faites et son souci de parvenir à une entente autour d’un consensus minimum, le régime a dévoilé en définitive ses véritables intentions et sa volonté affichée de prendre en otage l’opération électorale et de la maîtriser, à telle enseigne qu’il s’est immiscé dans le choix des représentants de l’opposition.

Elle engage la responsabilité entière du régime sur les conséquences de l’organisation d’élections non consensuelles sans avoir offert un minimum de garanties de liberté, de transparence et de régularité et des conséquences qui peuvent en découler.

La coalition invite enfin « toutes les forces qui aspirent au changement et soucieuses de l’unité, la stabilité et plus généralement l’avenir du pays, à faire face à la tentative destinée à vider l’opération électorale de son sens, et à faire face aussi à l’imposition du fait accompli revêtu de formes démocratiques et juridiques appropriées ».

 

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