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Mauritanie : négligence ou faille dans l’approche médicale autour du 9ème cas du covid-19

La Mauritanie a annoncé mardi la découverte d’un nouveau cas confirmé du covid-19, un mauritanien de 63 ans, décédé quelques heures après avoir été contrôlé positif.

Ce deuxième décès enregistré dans le pays depuis le début de la pandémie, pose nombre de questions restées en suspens autour de cette « contamination communautaire » dans le pays.

Beaucoup de questions et d’interrogations ont été posées depuis l’apparition de ce cas.

Toujours est-il que la famille du défunt affirme l’avoir conduit ces derniers jours dans deux grandes cliniques de la capitale avant de le faire examiner par l’un des plus grands spécialistes des maladies thoraciques.

Il avait ensuite subi un scanner mais les conclusions du spécialiste n’ont pas pu confirmer à temps qu’il était atteint du coronavirus.

Cette succession de faits est de nature à engendrer bon nombre de questions.

D’abord pourquoi il n’y a pas eu de doute chez les praticiens qui ont examiné le malade ?  Pourquoi il n’a pas été soumis au test du covi-19 ? Y a-t-il eu négligence ou manquement ou y-a-il faille dans le protocole établi par les autorités sanitaires.

Le système sanitaire n’est-il pas préparé à diagnostiquer une maladie la plus plausible en cas de forte toux en cette période du coronavirus ?

Des questions qui nous amènent à relater les faits collectés de différentes sources.

La fille du défunt, étudiante à la faculté de médecine de Nouakchott, a déclaré que le spécialiste des maladies thoraciques, avait, dans un premier temps, suspecté le covid-19, avant de se rétracter et confirmer une tuberculose, avant de prescrire des antibiotiques, qui auraient pu aggraver la situation du malade.

La famille du défunt a écrit sur sa page Facebook que le spécialiste des maladies thoraciques leur avait évoqué les deux probabilités, le Covid-19 ou la tuberculose, privilégiant la dernière hypothèse à cause de deux symptômes : la sueur et la toux accompagnée de crachat de sang.

Des sources propres à Sahara Medias ont affirmé que le scanner demandé par le spécialiste faisait bien ressortir que le malade était atteint du coronavirus.

Ces sources s’étonnent que ni le spécialiste, malgré le résultat de l’examen demandé, ni le radiologue qui l’a effectué, n’ont eu à l’esprit le doute pour saisir à temps les services concernés du ministère de la santé.

La famille du défunt, selon la version familiale, a contacté par téléphone le docteur Ahmed El Bara, chargé de l’examen des personnes suspectées d’être atteintes du covid-19, auquel elle a demandé de le soumettre au test, question d’avoir le cœur net, selon les propos de sa fille.

Celle-ci ajoute que le docteur Ahmed O. El Bara les a orienté vers le docteur N’Diaye Amadou, responsable du centre national du confinement des malades du covid-19, auquel nous avons décrit la situation du malade, selon toujours la même source.

Celui-ci, après avoir demandé si le malade avait effectué un voyage récent à l’étranger, a écarté l’hypothèse de coronavirus après qu’il ait été informé que le dernier voyage du défunt à l’étranger remontait à deux ans.

La fille du défunt s’est interrogée, pourquoi le médecin n’a pas pris soin de soumettre le malade au test du Covid-19 même si ce risque ne représentait qu’un pour cent (1%).

Des sources médicales interrogées par Sahara Medias à ce propos a révélé que le protocole mis en place par le ministère se base sur un certain nombre de questions posées quotidiennement une centaine de fois à des personnes et qui déterminent si le cas est suspect ou non ou s’il doit être soumis au test.

Des questions relatives aux symptômes développés, le contact avec des personnes atteintes en plus de la question récurrente, celle de savoir si cette personne concernée avait effectué un récent voyage à l’étranger.

Très probablement c’est cette question relative au voyage à l’étranger qui a été à l’origine du retard intervenu dans la découverte des deux derniers cas du coronavirus dans le pays, l’un d’eux n’ayant pas quitté Nouakchott depuis plusieurs années, l’autre depuis deux ans, mais, malgré tout, ces deux personnes ont été infectées par le covid-19.

Y a-t-il donc une faille dans le protocole établi et qui mérite d’être corrigée ?

 D’autant que les frontières du pays sont fermées depuis près de deux mois, et que les personnes infiltrées illégalement ne se dévoileront jamais, si elles étaient interrogées.

Dans le dernier bulletin du ministère de la santé publié lundi, on apprend que le numéro vert a reçu plus de 4000 appels de personnes informant de certains symptômes suspects.

Toutes ces personnes seront soumises à un interrogatoire de routine avant d’être codifiées et les cas effectivement suspects testées ou confinées.

Après la découverte des deux derniers cas du coronavirus à Nouakchott, consécutifs à une contamination communautaire, il se confirme bien que la question du voyage, qui exclue plusieurs cas de la suspicion, est une faille claire dans le protocole adopté par le ministère, selon la source de Sahara Medias.

La différence entre les deux derniers cas de la maladie est que tous les deux sont passés entre les mailles, le premier des structures sanitaires publiques et le second celles du secteur privé, avant de finir, dans la phase terminale, au centre de cardiologie de Nouakchott.

Pourtant au mois de mars, le troisième cas a été détecté dans une clinique privée, et le 6ème à l’hôpital régional de Kaédi.

Faut-il en conclure que le système était plus alerte en mars qu’il ne l’a été au mois d’avril ?

S’il faut croire à une suspicion de manquement dans le 9ème cas et une faille dans le protocole établi par le ministère, toujours est-il qu’un spécialiste des maladies virales affirme que le citoyen mauritanien n’a pas encore saisi la gravité du danger que représente cette maladie et la vitesse à laquelle elle se transmet, ce qui explique le relâchement constaté face au respect des dispositions de prévention.

Selon cet expert les foules compactes dans les mosquées, dans les marchés, dans les centres commerciaux et les boulangeries avant la rupture du jeûne et l’irrespect de la distanciation, sont autant de faits qui confirment qu’il y a bien une absence d’éveil et sensibilisation.             

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