Opinion

Plaidoyer pour le boycott du boycott …et voter NONMon, 17 Jul 2017 01:34:24 +0200

Plaidoyer pour le boycott du boycott …et voter NON
Comme à l’accoutumée, les grands partis de l’opposition mauritaniennes appellent à nouveau au boycott du référendum constitutionnel voulu par le Président Mohamed Ould Abdel Aziz.
Si l’on sait que tous boycotts de l’opposition n’ont jamais empêché ni le Président d’être réélu et de continuer à gouverner, ni le parlement d’être élu et de continuer à légiférer, on peut se demander si l’opposition mauritanienne n’est pas frappée de cécité politique.
Comment l’opposition peut -elle convaincre le peuple que ce nouveau boycott sera différent des autres boycotts? Pourra t-elle empêcher que la nouvelle constitution entre en vigueur en démobilisant les citoyens et citoyennes à faire usage de la seule arme dont ils disposent (leur bulletin de vote) pour rejeter les réformes proposées par le Président ?
Il faut que l’opposition réponde à la question suivante: dans quelle pays du monde l’opposition mauritanienne a vu qu’un boycott a empêché un référendum organisé par un pouvoir d’enter en vigueur, si la majorité des votants l’approuvent?
Tous les référendums qui ont échoués l’ont été parce que la majorité a voté contre en votant Non.
La légalité du référendum est problème juridique qui doit être réglé par les tribunaux ou le Conseil Constitutionnel. Si la légalité du référendum n’est pas réglable juridiquement, cela devient un problème politique qui doit être réglé politiquement.
Si on demande au peuple souverain, à trancher en tant qu’arbitre, c’est que les différents protagonistes/antagonistes ne sont pas arrivés à s’entendre sur l’interprétation des différents articles de la constitution. Oui le peuple doit alors trancher.
Là il faut reconnaître que le Président Aziz est dans son droit de faire appel au peuple.
Lui, il fait confiance au peuple qu’il pense être de son côté.
En appelant au boycott l’opposition montre qu’elle n’a ni confiance au peuple, ni même à elle-même.
L’opposition mauritanienne ne veut pas mesurer sa force et a peur de l’échec. C’est l’amère constat que l’on peut malheureusement faire. Elle se cache toujours derrière le boycott pour peut être (qui sait?) que son manque de représentativité ne puissent être vu.
Il faut enfin avoir le courage de dire stop à cette opposition incompétente et dépourvu de toute vision politique.

Ceux qui sont contre le référendum doivent aller voter NON et surtout pas boycotter.

Si le boycott ou l’abstention, qui de mon point de vue, ne sont que les deux faces d’une même médaille, contribuent à exprimer une insatisfaction par rapport aux forces/partis politiques, et ont de l’effet dans un régime démocratique, dans une autocratie comme en RIM en ce moment, cela permet juste au régime de se maintenir. Même un boycott très suivi ne peut mettre en question les résultats si le oui l’emporte: le suffrage de ceux qui votent ne peut nullement être invalidé par ceux qui ne votent pas. C’est aussi cela la démocratie.
Il faut que l’on se dise la vérité: les mauritaniens ne sont pas encore prêt à verser leur sang, comme au Burkina Faso par exemple, pour faire respecter la constitution. Je sais aussi qu’aucun dirigeant des partis politiques mauritaniens n’est prêt à verser le sang des mauritaniens pour faire échouer le référendum.
Le Président Abdel Aziz le sait très bien, d’où sa détermination à organiser le référendum coûte que coûte, sachant qu’il a les moyens juridiques (déclarer l’Etat d’urgence en cas de contestation et troubles) et militaires (les forces de défense et de sécurité sont à ses bottes).
Un boycott efficace est un boycott actif, consistant à empêcher les gens d’aller voter, comme les syndicats grévistes feraient. Mais vu que nos partis politiques sont légalistes pour la plupart d’entre eux, je ne pense pas que ce cas de figure soit imaginable en RIM.
Le boycott est l’expression d’un défaitisme et d’un certain désarroi.
Les partis ou forces boycottants porteront la lourde responsabilité de la perpétuation du régime antidémocratique de Ould Abdel Aziz.
Un boycott même réussi ne changeant pas le rapport de forces avec le pouvoir en place, je pense que le pragmatisme et la clairvoyance politique exige de faire campagne pour le Non.
Étant un militant panafricaniste convaincu, j’ai suivi les différents boycotts organisés par les différentes oppositions dans différents pays africains. Aucun de ces boycotts n’ont permi de changer la donne et le régime. Croyez moi, la RIM ne fera pas exception. 
J’appelle tous les vrais démocrates à voter pour un Non fort, massif et sans équivoque contre le projet de réforme constitutionnel initié par le Président Ould Abdel Aziz et de renoncer à la stratégie du boycott prônée par la soit-disantes "opposition démocratique".
A bon entendeur salut.
Moctar Kamara

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